11/11/2007

Traumatisme post-colonnial chez les congolaises...

La tendance à l'européanisation par assimilation ou copie du "modèle blanc"

Elles sont congolaises et se font blanchir la peau; simple critère esthétique... d'après Ferdinand Ezembe, psychologue à Paris spécialisé dans la psychologie des communautés africaines affirme que non, il s'agit pour lui d'un profond traumatisme post-colonial.
Se faire blanchir la peau est une pratique depuis longtemps courante parmi les femmes africaines; le principe a pourtant de quoi choquer !
A la lueur crue d'une objectivité primaire, le concept de dépigmentation, où le noir est à la quête perpétuelle du moins noir, reste somme toute mystérieux et pourtant, le phénomène n'a rien à voir avec une simple mode, il est bel est bien culturel, tellement bien intégré aux pratiques qu'on ne s'interroge même plus sur ses lointains fondements.
A ce titre, la thèse défendue par Ferdinand Ezembe s'avère des plus intéressantes :

- Comment expliquez-vous cette volonté de s'éclaircir la peau chez les africaines ?
Cette attitude des noires par rapport à la couleur de leur peau, procède d'un profond traumatisme post-colonial . Le blanc, symbolisé par sa carnation, reste inconsciemment un modèle supérieur.
Pas étonnant dans ces conditions qu'un teint clair s'inscrive effectivement comme un puissant critère de valeur dans la majeure partie des sociétés africaines.
D'ailleurs ce sont les pays aux passés coloniaux les plus brutaux qui affichent le plus une attirance pour les peaux claires.

- La dépigmentation interviendrait au secours d'un complexe inconscient d'infériorité ?
Oui ; il faut même rajouter à cela, l'influence majeure du christianisme en Afrique avec la représentation exclusivement blanche des grandes figures de la bible, ce qui a forcément affecté les peuples noirs dans leur inconscient. Cette idée est renforcée par l'allégorie des couleurs dans l'univers chrétien, basée sur des oppositions entre le clair et l'obscur, les ténèbres et les cieux, où le noir s'oppose toujours à la pureté du blanc.

- Vous pensez que le phénomène est si profond que ça ?
Oui et il va même plus loin que le simple blanchiment de la peau; on remarque beaucoup de femmes Africaines qui se défrisent les cheveux, qui portent des perruques pour avoir les cheveux lisses comme les occidentaux. Le complexe est là.
Ce qu'il y a, c'est que les africains n'assument pas des attitudes qui sont souvent inconscientes.
Toutes les sociétés noires subissent le joug d'un culte de la blancheur et les africains ne se sont pas affranchis d'un poids colonial qui pèse de tout son poids sur leur propre identité.

Alors que "Black is beautifull" !

Femme nue, femme noire
Vétue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J'ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait mes yeux
Et voilà qu'au coeur de l'Eté et de Midi,
Je te découvre, Terre promise, du haut d'un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein coeur, comme l'éclair d'un aigle
Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d'Est
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l'Aimée
Femme noire, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l'athlète, aux flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.
Délices des jeux de l'Esprit, les reflets de l'or ronge ta peau qui se moire
A l'ombre de ta chevelure, s'éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux.
Femme nue, femme noire
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l'Eternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.

Léopold Sédar Senghor
Extrait de : "Oeuvres Poétiques"

Écrit par carine geerts dans Réflexions |  Facebook

La scarification, reconnaissance ethnique ou esthétisme ?...

ScarificationLa découverte du Congo est intimement liée à celle des rites, coutumes et usage des populations qui le compose; parmi ceux-ci : la scarification
Cette pratique a existé de tout temps en Afrique; de nombreuses peuplades l'utilisent pour la reconnaissance de groupe, d'ethnie ou de statut social.
Les scarifications sont réalisées à l’aide d’éclats de bois et de petits cailloux introduits sous la peau; à terme, elles doivent provoquer une boursouflure de la peau et les principaux endroits traîtés sont : le visage, le dos, le ventre et les bras.

Cette pratique trouve un prolongement actuel en nos contrées mais là, il me semble que c'est poussé un peu trop loin car à mon sens, ce n'est plus de la scarification mais de la sacrification.
scarifications
En effet, dans nos contrées, certains adolescents s'automutilent la peau des poignets, des bras, des cuisses, du ventre à l'aide d'un cuter ou d'un rasoir.
Cette pratique dont les origines sont à chercher dans les sociétés traditionnelles, est dans nos contrées, synonyme d'un véritable mal-être.
Les adolescents s'entaillent pour matérialiser une douleur psychique insupportable.
Avec les coupures, la douleur devient tangible, plus gérable et ils éprouvent un sentiment d'apaisement.
Le sang qui coule leur apporte une preuve de vie et les cicatrices laissées par les blessures jouent un rôle; les adolescents les montrent ou les cachent selon les circonstances.

Et puis, il y a les "dingues".... Il n'y a pas d'autre terme à mon sens. Il faut voir le site ci-après : http://bodystar-art.skyrock.com/23.html
Attention, les images sont assez impressionnantes, particulièrement celles concernant les techniques de suspension, de scarifications, des implants, la couture,...

Écrit par carine geerts dans Réflexions |  Facebook