26/01/2010

Mundélé - Janik Pilet - Edition de la Hutte

Je viens de terminer Mundélé. C'est très beau et très prenant. Je ne sais pas de quelle expérience personnelle vous tirez cette histoire, mais elle est criante de vérité et de sentiments vécus viscéralement. Après mes compliments, quelques petites critiques, positives j'espère. Au début, j'ai trouvé l'emploi du présent narratif un peu trop simplificateur, rendant le style trop pauvre à mon goût. Et puis, au fur et à mesure que l'histoire se construit, cela coule de source, et on est tellement dans le récit qu'on oublie tout le reste. Félicitation pour ce petit chef d'oeuvre qui n'a rien a voir avec la science-fiction romantique d' "Ishtar Terra", à part l'aspect érotique très raffiné qui semble vous caractériser.
Très amicalement,
Janik
PS : 10/10

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Mundélé - Christian Domec - L'Huître Perlière

La lecture de Mundélé est toute chaude, je viens de l'achever juste avant le repas du soir (salade, galette, fromage, ah tiens, j'ai oublié de prendre un fruit...).

Le style est plaisant, il est simple et sans fioritures ; il invite donc à suivre le récit sans manquer d'introduire les divers "plans" par de courtes descriptions qui, souvent, sont réussies. Elles apportent quelques couleurs, une ambiance qui favorisent l'immersion dans le texte. J'ai bien aimé et trouvé fort réussi, par exemple, la découverte de la maison qu'occupera Willy à Mbanza-Ngungu : le lecteur l'accompagne facilement et est lentement saisi par l'atmosphère qui l'entoure. Cependant cette qualité descriptive, à petite touches, se perd un peu vers la fin de l'ouvrage, comme si l'auteur soudainement était pressé de conclure.

Le récit va nous transporter vers la rencontre de Willy le colon, plein de bons sentiments, et Aimée la sauvageonne riche de sa culture. Les étapes précédant cette rencontre nous la suggèrent lentement : l'abandon de sa promise, l'appel de la forêt, de sa moiteur, de ce qui est caché, le battement sourd et régulier des tam-tams , la difficulté d'y pénétrer, l'interdit à transgresser... Cette rencontre riche de promesses : la confrontation de deux cultures puis leur union symbolique par des figures emblématiques et pourtant charnelles déçoit un peu. L'intensité de l'extase n'est pas à la hauteur de ce que les préliminaires laissaient supposer : un peu trop de généralités sur le Tout est dans Tout. En revanche, la phrase d'une simplicité désarmante qui clos le paroxysme du récit est vraiment touchante et fait mouche : "Je t'aime et lui murmure son prénom..." (hors contexte, ici, ça tombe à plat, tant pis, je cite ;-)
Quelques regrets : les personnages manquent un peu de profondeur ; il sont assez lisses et sans grande complexité. Un peu irréels. Il n'y a guère de traits humoristiques, alors que beaucoup de situations s'y prêteraient volontiers. Il y a tout de même un passage qui m'a beaucoup fait rire - l'auteur n'a pu se retenir ;-) - c'est celui-ci : "Willy veut la posséder, la saisir, la prendre mais... Aimée lui explique doucement qu'il n'est pas prêt. [...] Devant le regard étonné de Willy, elle explique que pour parvenir à s'adapter, se mettre à l'unisson des pygmées, il devra faire un gros effort de compréhension et de pénétration et que pour arriver aussi loin dans la connaissance de la vie intime des membres de sa tribu, il y a divers passages initiatiques à passer [...]."

Dans l'ensemble, c'est un ouvrage agréable, facile et plaisant à lire.
Christian.

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