26/01/2010

Mundélé - David Lasalle - FaceBook

Je t'avais promis un commentaire sincère sur "Mundélé", Carine, le voici....
Je précise que ce n'est pas le genre d'ouvrage vers lequel tend ma préférence en premier lieu, néanmoins je l'ai lu hier soir avec avidité, et suis prêt à le lire à nouveau !
Je n'ai qu'un regret : qu'il ne fasse pas environ mille pages, écrit sur papier bible avec une écriture en 8 !!
Bref, pour résumé : un vrai bonheur !!!
Mundélé est avant tout une histoire d'Amour ; l'amour d'une femme pour une culture, un pays, un peuple, et cela se sent dès les premiers mots et au travers de chaque page.
Mundélé est aussi un hymne : à la vie, à l'amour, à la différence, à l'acceptation interraciale, à l'ouverture culturelle, à l'ouverture d'esprit ; et cela est présent tout au long du livre.
Durant ma lecture, j'avais l'impression d'entendre les tam-tams et le bruissement des feuilles, de crouler sous la chaleur de la hutte en poto-poto, et de ressentir véritablement les sentiments de Willy depuis son arrivée jusqu'à sa révélation au travers de la tribu des babingas et de ses rites initiatiques.
Tu as du mettre beaucoup de toi même dans ce récit... ce qui le rend tellement vivant, prenant !
Le soucis du moindre détail à nous faire partager nous immerge totalement dans ce monde. L'amour et la découverte, l'apprentissage culturel donne une belle leçon à nous autres occidentaux qui sommes d'ordinaires obtus aux différences culturelles, ethniques, religieuses.
Cela donne envie d'ouvrir les yeux et de regarder, avec tout ce que ce mot implique.
J'ai pris un grand plaisir à te lire, plaisir que je vais renouveler de ce pas avec "Tillia-Tépé"...
Merci Carine !
David

Écrit par carine geerts dans Commentaires reçus pour Mundélé |  Facebook

Mundélé - Laurent Chaîneux - www.lezardes-et-murmures.com

Je viens de terminer la lecture de ce roman.
Quand j'ai ouvert le livre je n'ai pas entendu raisonner le tambour de Mwenyi-Mku, mes oreilles sans doute n'étaient pas encore prêtes. J'aurais du me méfier pourtant car dès la première page je me suis retrouvé embarqué de force sur ce bateau de la compagnie maritime Belge et débarqué au coeur de la forêt Congolaise, un siècle plus tôt , en pleine époque coloniale. De l'amour, de la magie et, inévitablement, la folie des hommes, l'arrogance des missionnaires et la discrimination...
C'est le deuxième roman de Carine Geerts, et j'ai vraiment adoré !
http://www.lezardes-et-murmures.com/article-28364785.html
 
Ma réponse à ce commentaire :
Merci Laurent... Je ne sais que dire d'autre... ne m'attendant pas à avoir un commentaire sur ton blog. Je suis émue. Merci à toi.

Pour revenir aux thèmes de "Mundélé". J'ai voulu révèler certains aspects et points qui sont souvent inconnus de notre génération... J'ignore si ceux-ci sont passés auprès des lecteurs de "Mundélé". Je me permets de les reprendre ci-après :

Le premier point qui me semble très important est que la culture traditionnelle congolaise (et africaine) est très riche. C'est dommage qu'elle se perd car actuellement dans les sociétés orales, ce sont les vieilles personnes qui sont dépositaires du patrimoine et lorsqu'elles meurent il n'y a "parfois" plus personne pour prendre la relève. C'est ainsi qu'une ethnie est amenée à disparaître.

Le deuxième point est que les pères missionnaires ont destructuré des ethnies entières laissant les "autochtones" dans un désarroi culturel incroyable. Ceux-ci ne se sentaient ni "noirs", ni "blancs".
Les missionnaires ont "peu à peu" détruits une culture animiste pour imposer le christianisme au point que c'est façonné un déracinement et une acculturation à outrance.

Le troisième point est que l'on ne peut pas dire que telle société est "primitive", "barbare" ou "développée".
Ces jugements sont des a-priori pour toutes personnes qui les observent en trouvant que les moeurs sont différentes que les leurs et les considèrent donc comme "anormales".
Avant d'approcher une société différente que la sienne, il faut pouvoir détruire un certain nombre de préjugés et pour commencer se dire que la civilisation occidentale n'a pas la supériorité culturelle par rapport aux autres sociétés.

Le quatrième point est que la haine à l'égard des congolais est de la bêtise manifeste car pendant toute la période où j'ai habité au Congo/Zaïre, j'ai vécu au milieu d'eux. Je les apprécie pour leurs qualités de coeur, leur générosité, leur patience et leur subtilité d'esprit mais surtout pour leur joie de vivre.

"Mundélé" a été écrit pour toutes ces raisons et l'écriture de cet ouvrage m'a surtout permis de raviver des souvenirs d'une terre de rêve où les facettes sont tellement multiples et passionnantes. Elle m'a permis aussi de découvrir tout un Univers de pensées et d'aspirations profondément humaines à travers l'art et les rituels tribaux.

Écrit par carine geerts dans Commentaires reçus pour Mundélé |  Facebook