22/05/2015

Mère Noëlle...

mère Noëlle.jpgIl est presque huit heures, mon coeur s'arrête, je ne t'attends pas si tôt.  Pas encore prête, je me jette dans la chambre pour enfiler le costume que tu m'as fait parvenir dans l'après-midi.  Tu sonnes de nouveau, et je file te répondre à l'interphone. Ne pas s'affoler.  Tu me veux calme et me voilà déjà folle.  Je redoute la sonnette.  Honteuse de me cacher derrière la porte.  Si je ne parviens pas encore à t'ouvrir en me présentant à toi habillée en mère Noelle, qu'au moins je te prouve que je suis ta soumise.  Je tire la porte sur moi en sentant le tissus de la robe caresser ma peau nue.

Trop remplie d'émoi, je clos les paupières.  Trop remplie d'émoi et si désireuse de jouir de la magie de ce moment-là.  C'est dorénavant mon rite, ma gouverne.  Me faire violence, mais ne pas ouvrir les yeux. Trembler au son de ta voix, frémir de sentir ton odeur, gémir sous la paume de tes mains.  C'est en aveugle que je goûte cette indicible volupté.  Comme si le noir décuple mes vertiges.  Je ne me souviens plus que de ta main qui se pose sur ma taille.  Debout et tremblante je te frôle et t'attends Cachée derrière la porte, mais déjà enivrée de la peur de tes punitions.  Pur et honteux plaisir de t'obéir.  Je me contrains à m'exécuter sans la moindre discussion, preuve s'il en est de ma soumission. Tes phrases sonnent fort, et tu te gardes bien de les agrémenter d'un "s'il te plaît" ou d'un "merci". T'obéir sans broncher.  T'obéir le souffle court, submergée par l'émotion de respecter tes impérieuses volontés.

Le temps nous appartient.  Loin de l'urgence et de la précipitation des fugitives rencontres.  Nous avions cette longue nuit de Noël et nous le savions.  C'est loin de la douleur, mais dans la plus déterminée des soumissions que j'ai goûté tes caresses.  Tes mains, tes yeux et ton corps qui font ployer le mien en un tour de main, en un souffle d'air.  Je me prête à te l'offrir de la facon dont tu le souhaites en jouir.  Me pliant sur le champ aux positions que tu veux me voir te vouer.  Gémir de ta tendresse en sentant tes mains sur mon corps.  Il n'y aura pas de coups.  Il n'y aura pas de cris.  Pourtant et durant de longues heures, c'est infiniment soumise que tu m'as prise.  Et c'est les yeux fermés que j'ai goûté à cette servitude.  Celle du temps suspendu où sans lien je suis captive, où sans coup je suis domptée, où sans marque je suis asservie.  Indicible plaisir de sentir au plus profond de moi que je t'appartiens, enfin...
(Texte de Carine Geerts)...

Écrit par carine geerts dans Textes Cook & Book |  Facebook

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