19/03/2012

La conscience douloureuse de soi...

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Clara file un mauvais coton.
Depuis sa rupture avec Jean, le départ de Paul à Paris, elle perçoit physiquement le décalage entre ses journées marathon et le désert de ses nuits.
Depuis peu, la solitude lui pèse tellement qu'elle en vient à se parler elle-même entre cuisine et télévision.  Sans compter, la salle de bain où elle n'ose plus se regarder dans le miroir.  Les nuits où elle se recroqueville dans son lit pour ne plus sentir son immensité et tout le vide à ses côtés.  Les matins où elle se lève en sachant que le silence va continuer dans la maison.  Elle sait, qu'elle se retrouvera là, au soir, après la cohue, les bruits et le tapage de la journée, avec ses cortèges d'insomnies et de soif inassouvie.

Il n'y a plus d'hommes dans la vie de Clara.  Ils ont fui comme une volée de moineaux effrayés.  Pas d'enfants non plus.  Elle l'avait voulu ainsi, cette vie toute entière tournée vers le travail.  Son métier d'avocate avait été jusque là son tuteur.  Aujourd'hui, elle se découvre seule, encombrée d'une existence qui lui paraît inutile.  Alors, elle se met à glisser sans rien à quoi s'accrocher...

(Extrait de "Clara" - septième roman de Carine Geerts)

Écrit par carine geerts dans Intériorisation |  Facebook

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