17/10/2010

Mundélé - Yurani Andergan - FaceBook...

Je vous invite à découvrir une auteure belge, Carine Geerts, qui manie mots et émotions avec brio. Je viens de lire l'un de ses premiers romans, Mundélé, que je conseille vivement. Ce roman, assez court (150 pages), a pour cadre le Congo belge, plus précisément la région de Matadi, à l'époque coloniale, on suppose au début des années 1950. Le héros, jeune fonctionnaire colonial, est nommé dans un bourg perdu à l'orée de la grande forêt équatoriale. Se retrouvant isolé et détaché de ses repères et conformités métropolitaines, il découvre et s'attache assez vite à ceux au milieu desquels il est plongé, les Bantous. Et puis il s'enfonce dans la forêt, à la découverte des Pygmées qu'il finit par rencontrer. Et là il se laisse happer par un monde et un univers animiste, à la fois immédiat à la nature et profondément complexe dans ses croyances et parcours initiatiques ; des humains frappés par la maladie et sensibles aux joies et aux peines universelles. Peu à peu il mue sa peau ancienne de civilisé sûr de lui pour entrer en osmose avec ces gens derniers témoins et acteurs d'un monde nié. Et il vit une belle histoire d'amour avec Aimée, une jeune femme trait d'union entre leurs cultures. Mais la belle histoire vire au drame lorsque fait irruption un missionnaire bardé de ses certitudes civilisatrices, le marteau qui lamine avec bonne conscience les âmes noires.

On sent dans ce roman toute la nostalgie et les souvenirs émerveillés de l'enfance de l'auteure au sein de ce pays magnifique qu'est le Congo. Sa passion passe dans ce récit, cette quête de l'innocence et de la curiosité vers l'Autre, ce besoin inextinguible de délaisser le confort fat des "Civilisés".

Sans aucune pédanterie, Carine Geerts n'hésite pas à utiliser à fort escient des mots et même des phrases entières en lingala – la langue bantoue véhiculaire de la région du Bas-Congo, qu'elle pratique – dans la bouche de ses personnages ou pour illustrer des concepts animistes ou spécifiques.

Mundélé est un roman court, qui se lit aisément. Le style en est fluide, direct, à soupçon intimiste. Pas de grandes descriptions, pas de longues digressions, pas d'intrigue emberlificotée. Les personnages eux-mêmes sont esquissés plus que décrits. On regrette même un peu que l'auteure ne se soit pas laissée aller à davantage d'ambiance, à manier son scalpel avec moins de tempérance, à nous embourber pour notre plaisir dans quelques marécages à crocodiles.

Parmi les rares petites contrariétés, l'emploi du présent de narration au début laisse une impression mitigée. Mais cela s'efface vite.

Pour conclure, je dirai, moi qui suis pourtant peu adepte des romans courts, que Mundélé – l'homme blanc en lingala – m'a entraîné sans peine ni raccroc, un moment de grand plaisir à m'immerger dans l'Afrique envoûtante, celle que tous ses vrais amoureux vantent et palabrent. Découvrez ce roman et son auteure, Carine Geerts.

http://yuraniandergan.zeblog.com/446771-mundele-de-carine-geerts-une-belle-histoire-chez-les-pygmees/

Écrit par carine geerts dans Commentaires reçus pour Mundélé |  Facebook

08/10/2010

Mundélé - Stéphane de Lobkowicz - FaceBook

Mon avis est très positif tout simplement car c'est meilleur que ce que j'attendais. Heureuse surprise donc.
Je n'ai pas trop cru aux coups de chicotte sur le dos d'un porteur noir surchargé au début du livre comme dans une B.D. se déroulant dans l'Egypte ancienne au pied des pyramides. Je craignais d'ailleurs que vous en remettiez à chaque page mais l'épisode du début est resté unique.
Je ne crois pas non plus à la police qui vient abattre des pygmées en pleine forêt sur les instructions d'un religieux.
Mais je dirais que tout cela est votre liberté d'écrivain qui cherche à défendre une thèse, des valeurs, ... Si ce ne sont pas mes idées, cela ne regarde que moi et je n'ai pas en faire le reproche à l'auteur. C'est votre entière liberté.
Le livre maintenant.
L'histoire est très intéressante. Je ne lisais le livre que par petits morceaux dans mon bain mais je vous avoue que j'avais hâte à le reprendre. On a envie de connaître la suite.
Les ambiances sont très bien décrites. On est tout à fait dans la peau du personnage. Comme si on y était.
Et pour moi qui ai la nostalgie du Congo belge mais n'y ai jamais été, j'ai trouvé cela passionnant.
Donc vraiment 10/10 pour l'histoire.
L'écriture ?
Chaque phrase est ciselée avec de très abondants adjectifs. C'est un énorme boulot. Bravo.
Mais sans être un spécialiste j'y vu de temps en temps les mêmes mots qui reviennent trop souvent. Exemple "Le soleil darde" trois fois en trois pages. Mais ce n'est qu'un exemple car cela revient plusieurs fois. Et justement tout cela est affaire de travail et pas du tout impossible à rectifier.
Donc en résumé 10/10 pour l'histoire et 9/10 pour l'écriture.
Le choix des mots africains était excellent. J'en connaissais beaucoup car j'avais à l'armée un sergent qui avait été Afrique et nous demandait d'emporter nos bilokos pour nous cacher dans les matitis la face dissimulée par du poto poto. Par contre, j'aurais mis ces notes en bas de page, cela aurait été plus facile à consulter...

Écrit par carine geerts dans Commentaires reçus pour Mundélé |  Facebook