26/07/2010

Mundélé - Emmanuelle Recher - FaceBook

Comme promis un petit compte rendu sur mes lectures…
J’ai commencé par Mundélé. Un voyage extraordinaire dans un pays qui m’était jusqu’alors tout à fait inconnu. Une descente dans des enfers particulièrement terribles. Je n’avais alors aucune conscience de l’inhumanité éclatante des blancs loin de chez eux. Ou plutôt non, j’en avais une vague et imprécise conscience. Vous avez mis des mots crus d’une réalité brutale sur des sensations floues qui font trop mal pour être définies. La bonne conscience du bon blanc est tellement aveuglante qu’elle prend trop souvent le pas sur la tragique réalité…

Willy parait si pur et fragile au milieu de ces hommes imbus et sûrs de leur puissance induite. Son histoire d’amour est si belle. Juste belle. Une histoire comme chacun aimerait vivre. Naturellement belle. Oui, ce livre fut pour moi une très agréable promenade, trop agréable même puisque je vous en ai voulu de l’avoir faite si courte !
Parce que oui, chère Carine, votre roman a laissé dans mon esprit une trace de frustration, j’aurais tellement aimé les lire plus longtemps, je m’en suis voulu à chaque fois d’avoir été trop gourmande, n’avoir pas arrêté pour faire durer le plaisir. Je me serais volontiers régalé d’une autre centaine de pages !
Je vous remercie de ces doux moments passés à vous lire,
Emmanuelle

Ma réponse à ce commentaire 
Bonjour Emmanuelle,
Je viens seulement de prendre connaissance de votre e-mail. Je suis émue par votre commentaire.
Pour "Mundélé", je voulais écrire un livre sur l'oeuvre, les bienfaits mais aussi les méfaits de la colonie belge au Congo, car nous avons des leçons à tirer de la présence belge dans ce pays. Personnellement, je refuse de croire que l'oeuvre coloniale n'aura eu qu'un impact négatif pour le Congo et ses habitants, et ce même si certains belges ont découvert que le Congo était avant tout un pays producteur de richesses, et que leur intérêt n'a fait que croître et pas seulement pour le bien du Congo et des congolais. Je sais aussi que pour la majorité des coloniaux, le profit n'a pas été l'unique moteur de la colonisation. C'était le cas de mes parents, et de certains de leurs amis...
J’ai voulu faire connaître à mes personnages une union mystique, une fusion des êtres, en érotisant légèrement certaines scènes mais sans tomber dans une débauche libertine. Je voulais aussi que Willy reste fidèle à la mémoire d’Aimée après sa mort.
Bref, tout cela pour dire que j’ai voulu sublimer leur Amour, en donnant à leur condition corporelle, la possibilité d’accéder et de s’ouvrir aux idées essentielles. Grâce à l’Amour, naît la Joie, le Bonheur; c’est en quelque sorte, un avant-goût de l’Absolu. Aimée sera son initiatrice et l’aidera à comprendre qu’il y a une harmonie réelle entre notre microcosme et le macrocosme de l’Univers.
Et puis, j'ai eu beaucoup de chance de faire la connaissance d'un collectionneur d'art tribal à Bruxelles, qui m'a fait partager sa passion, en m'expliquant avec beaucoup de patience, les rites traditionnels, les croyances, les superstitions, etc,... J'ai aussi eu le plaisir de pouvoir toucher les objets rudimentaires et magiques qu'il avait mis à ma disposition. Cela m'a beaucoup aidé pour la phase d'écriture sur les rituels initiatiques de Willy.

Écrit par carine geerts dans Commentaires reçus pour Mundélé |  Facebook

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